| HISTORIQUE DU CNLTA |
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Par Bernard RIVY, Président du CNLTA
« Depuis une dizaine d’années et plus, les personnes handicapées adultes en institution se retrouvent dans des situations de vacances qui ont été revues. Par rapport à ses besoins, un certain nombre d’organismes et d’associations de vacances sont nés pour répondre à un accès vacances des adultes handicapés. Un besoin, une volonté et la nécessité de procurer des vacances de qualité : le CNLTA est né de ses trois constats. o Le besoin pour les associations de vacances qui existaient de s’identifier entre elles, de se rencontrer, de se connaître, de rencontrer les associations représentant les usagers, d’écouter, d’attendre et de partager des expériences de terrain. o Une volonté commune de s’organiser en secteur structuré, de devenir une forme de proposition aux pouvoirs publics, de représenter un ensemble d’associations promotrices, un ensemble d’associations d’usagers, un ensemble d’associations de formation. Ces associations se sont retrouvées aujourd’hui autour d’une éthique qui est contenue dans notre Charte. o Enfin le CNLTA est né d’une nécessité conjoncturelle historique, du développement des vacances et des loisirs en faveur des personnes handicapées et du développement du secteur. o D’un type fédératif, il comprend et rassemble aujourd’hui une cinquantaine d’associations en trois collèges : un collège de représentant des usagers, un collège représentant les associations de vacances adaptées et un collège de membres d’honneur.
Ø Présentation du Conseil National des Loisirs et du Tourisme Adaptés. Le CNLTA est avant tout une rencontre, une première concertation qui s’est tenue en 1984 à La Rochelle sous patronage de M. Michel CREPEAU alors Secrétaire d’Etat au Tourisme et à l’Artisanat. Une centaine de personnes et d’associations se sont retrouvés, ce qui fut alors une découverte puisque c’était la première rencontre en France des associations se consacrant aux vacances adaptées. Dans cette première rencontre, un échange s’est créé entre les difficultés et les précarités du fonctionnement, dans la mesure où la plupart des organismes associatifs qui répondait à ces besoins le faisaient avec de faibles moyens et hors de toute réglementation, le droit n’ayant pas la réponse aux questions. En 1990, une deuxième rencontre à Paris a réuni 100 à 150 personnes et associations autour d’une préoccupation qui était le développement du secteur tourisme adapté : les bases réglementaires et les difficultés rencontrées en matière législatives, en matière de besoins, en matière de tout ce qui fait que l’on peut organiser de manière sérieuse des vacances de qualité. Cette journée s’intitulait Tourisme et Handicap « Vers quelle réglementation ? ». A la fin de celle-ci, est né un groupe : 30 associations représentant des organismes de vacances et des usagers pour constituer le « Conseil National des Loisirs et du Tourisme Adaptés », donnant naissance à la « Charte Européenne du Tourisme Adapté ». L’idée principale a été de rencontrer les associations dont le but premier était la réalisation d’une Charte et de rencontrer les organismes de représentants d’usagers, leurs besoins et de faire échanger pour essayer d’organiser un secteur qui fonctionnait et qui balbutiait avec les difficultés, qui étaient souvent les mêmes mais dont on n'échangeait jamais les solutions. -1991 : le CNLTA réunit à Noirmoutier sous l’égide de l’Union Européenne (la DG23 et la DG5) 350 participants pour un grand forum. Ces rencontres ont fait naître des idées : des gens qui viennent dire ce qu’ils font, comment et pourquoi ils le font et ce qu’ils voudraient faire. En général très contents de se rencontrer, la richesse se fait dans les couloirs. Il n’y a pas d’organisme semblable au CNLTA dans les autres pays de la communauté européenne. L’organisation des vacances et des loisirs se fait toujours de façon institutionnelle et les directeurs d’établissements spécialisés ont été obligés de le faire pendant un certain temps. Plus la génération montante des personnes handicapées, l’ouverture des foyers de vie, des foyers d’hébergements s’est multiplié, plus il a fallu faire face à l’accès aux vacances pour les personnes. Le CNLTA s’est alors positionné comme agissant dans le champ du Tourisme et non pas comme organisme dépendant d’une tutelle de l’Action Sociale. A l’intérieur du CNLTA, il paraissait important de dire que l’accès aux vacances est une véritable rupture, dans le sens positif du terme, et non pas une conception ou une poursuite de prise en charge dans d’autres lieux. Le Tourisme Social n’est pas la prolongation de l’institution, c’est le complément de la citoyenneté de la personne dans son insertion. Les dates à retenir : 1991 - Noirmoutier 1996 - Futuroscope à Poitiers Et puis, nous comptons deux réunions de travail importantes à Tours en 1996 et 1997, où la Charte a été travaillée ainsi que la première annexe de celle-ci, la grille d’inscription pour les personnes dans les séjours. On attache à cette grille une valeur mais elle n’a pas une indication scientifique exacte. Si statistiquement nous possédons le retour d’un certain nombre d’incidents ou d’accidents même visibles, il est évident qu’une certaine qualité de séjours existe. 1999 - Villefranche/Saône Un certain nombre d’items de la grille qui vont avec la Charte ont été vérifiés. La Charte , c'est une déclaration éthique. Qu’est-ce qu’on demande aux associations de Tourisme ? Qu’est-ce qu’on attend d’elles en terme d’obligations ? Qu’est-ce qu’on souhaite d’elles en terme d’objet ? Cette Charte a été conçue avec ses deux préalables, parce qu’il y a des choses vers lesquelles on tend, et on ne peut pas les négliger. Par contre, il y a des choses en matière de qualité qui sont incontournables sur lesquels le CNLTA est adhérent là aussi. Le pari, c’est celui du lancement de cette Charte. Certains de nos membres représentants d’usagers nous avaient demandé d’attendre, notamment l’UNAPEI, avant d’en faire un document plus officiel et plus généraliste, et de l’expérimenter. Nous avons eu d’ailleurs dès le début un certain nombre de critiques sinon de suggestions. Des Chartes d’éthique, il y en a un certain nombre.
Quels sont les moyens que l’on peut opérer pour qu’elles soient connues, respectées et vivantes ? Nous n’avons pas répondu à cette question, mais nous avons mis en place un système d’évaluation de qualité permanent pendant les séjours ; c’est-à-dire que nous faisons appel à des collègues directeurs ou administrateurs d’associations d'usagers ainsi que le Conseil d’Administration du CNLTA, qui acceptent à titre bénévole pendant leurs vacances d’aller visiter un, deux ou trois séjours gérés par certains de nos adhérents. Nos adhérents sont généralement partie prenante de cette expérience et les visiteurs nous renvoient une grille d’évaluation pour que nous puissions en faire une synthèse nationale et repérer les dysfonctionnements. Quand les problèmes nous paraissent sérieux, en deux temps, nous convoquons l’association concernée à la Commission de Médiation. Il est certain que de telles associations gèrent un très grand nombre de séjours et que le risque d’incidents en matière de qualité est multiplié et que l’on n’a pas forcément les moyens de tout connaître et tout contrôler. Avec M. GAUTHIER, Directeur de l’Action Sociale, le CNLTA a pu se positionner d’une façon complémentaire, à savoir, qu’il n’a pas de pouvoir de police, hormis le fait de s’auto contrôler, et si sur ces contrôles de séjours, des éléments se révèlent en terme de danger immédiat, le CNLTA s’engage à le signaler à l’association productrice mais aussi aux pouvoirs publics immédiatement pour qu’il y ait intervention. Le CNLTA représente un secteur économique important ; c’est un secteur sensible dans la mesure où, de plus en plus, les établissements ont de moins en moins de moyens pour autofinancer la totalité des vacances. De plus, il n’y a pas de mystère : la qualité des vacances dépend largement de la qualité de formation des personnes. Le secteur démographique du monde du handicap aujourd’hui constitue une expansion qui va se stabiliser. En 2001, le secteur du Tourisme Adapté, uniquement pour les associations adhérentes au CNLTA, représentait annuellement sur notre territoire : - 489 341 journées vacances, qui permettent chaque été à plus de 35 000 personnes handicapées de partir en vacances, - 2 471 séjours de vacances, - un chiffre d'activités annuel de 31 600 000 euros, - 8 046 employés saisonniers, - 285 employés permanents.* (* Chiffres indicatifs suite à un sondage auprès de nos adhérents) Le concept de vacances, c’est bien l’accès de tout citoyen à une certaine liberté, un certain égo, déterminé dans ses choix, dans ses plaisirs et c’est un lieu où l’on rompt avec certaines habitudes contraignantes pour se refaire une santé physique, morale et pour rencontrer d’autres personnes. » |








